« Ensemble, construisons l’avenir ». C’est le fil conducteur de l’épisode 85 de « Un jeune, Un projet ». Inès Blanc y présente son entreprise Sentiers sauvages. Une fleuriste pas comme les autres, installée en Aveyron. Son pari ? Travailler avec la saisonnalité, et non contre elle.
Dans la vidéo, on découvre une jeune femme passionnée. Pas de boutique, pas de bouquets préparés à l’avance. Inès Blanc imagine des décors floraux sur mesure pour des mariages, des cocktails ou des pièces de théâtre. Chaque projet commence par un échange.
Sentiers sauvages, une fleuriste tournée vers la nature
Aveyronnaise, Inès Blanc a grandi au contact des paysages et de la végétation. Après une formation en alternance et des expériences en Corse et à Atlanta, elle est revenue dans sa région. En 2023, elle crée Sentiers sauvages.
Son approche se démarque dans le milieu. Pas de roses importées, pas de bouquets standardisés. « Mon activité doit forcément être centrée dans cette notion de nature », explique-t-elle. Une philosophie qui guide chacun de ses choix.
La fleuristerie a pourtant un lourd impact écologique : fleurs importées, serres chauffées, transports, emballages. Inès Blanc a décidé de faire autrement. Elle privilégie les végétaux de saison et travaille avec des producteurs locaux.
- Fleurs locales et de saison
Elle privilégie les végétaux du moment et travaille avec des producteurs locaux. Pas de roses importées, même pour la Saint-Valentin.
- Commander juste ce qu'il faut
Comme tout est fait sur commande, chaque fleur est utilisée et rien ne finit à la poubelle.
- Revaloriser les fleurs abîmées
Les excédents sont séchés pour devenir marque-pages, boucles d'oreilles ou bagues de lecture.
- Louer les contenants
Les récipients sont réutilisés de nombreuses fois, et les pièces anciennes sont retravaillées avec des artisans locaux.
- Glaner dans la nature
Elle prélève branches et feuillages dans des lieux autorisés. Bien fait, cela aide même à débroussailler et limite les risques d'incendie.
La saisonnalité, une réponse aux excès du métier
« Les roses à la Saint-Valentin ne sont pas des fleurs de saison », rappelle-t-elle. À la place, elle propose des tulipes, des renoncules ou des anémones. Le résultat reste rouge et lumineux, sans l’empreinte carbone des roses venues de loin. 🌷
Ce discours passe aussi par l’emballage. Pourquoi emballer si c’est pour jeter quelques minutes plus tard ? Inès Blanc interroge ses clients sur le besoin réel. Parfois, il suffit de simplifier.
Moins de gaspillage, plus de réemploi
La fleuriste travaille uniquement sur commande. Résultat : chaque fleur est utilisée pour un projet précis. Rien ne finit à la poubelle par hasard. « Quand je commande des fleurs pour un mariage, je sais que tout sera utilisé », dit-elle.
Et quand une fleur se casse ? Elle redevient matière première. Inès Blanc fait sécher ses excédents et fabrique des marque-pages, des boucles d’oreilles ou des bagues de lecture. Une façon de prolonger la vie de chaque pétale.
- 🌿 Privilégier les fleurs locales et de saison
- ♻️ Revaloriser les fleurs abîmées en bijoux et objets
- 🏺 Louer les contenants pour éviter les achats inutiles
- ✂️ Glaner branches et feuillages dans la nature
- 🤝 Collaborer avec des artisans pour une seconde vie
Le glanage, une pratique ancestrale remise au goût du jour
Le glanage s’apprend dès l’école de fleuriste. Inès Blanc prélève des branches et des feuillages dans des lieux autorisés. « On ne peut pas faire plus local », sourit-elle. Bien fait, ce prélèvement limite même les risques d’incendie en débroussaillant.
Pour le matériel, elle mise sur la location. Les contenants sont réutilisés de nombreuses fois. Une collaboration avec Marion de Maison Créot donne aussi une seconde vie à des pièces anciennes. Ici, l’innovation se cache dans les petits gestes.
Un atelier pour transmettre et sensibiliser
En septembre 2026, Inès Blanc ouvrira son atelier au 15 place de la République, au Monastère. Elle y proposera des ateliers d’art floral et des abonnements avec un bouquet surprise chaque mois. L’occasion de partager sa vision de la culture des fleurs.
« J’espère que les clients ne repartiront pas juste avec l’expérience d’avoir pratiqué l’art floral, mais aussi avec toute cette sensibilisation-là. » Chaque atelier sera un moment d’échange sur la saisonnalité, le tri et le réemploi.
Cette démarche collective rappelle que l’avenir se construit ensemble. Des artisans, des clients, des curieux : chacun met sa pierre à l’édifice. Chez Sentiers sauvages, la nature est un théâtre où chaque saison raconte une histoire.
« On ne peut pas valoriser 100 % de tout ce qu’on consomme », admet Inès Blanc. Mais elle y croit : « Petit à petit, comme les colibris, chacun met sa pierre à l’édifice. »
Ce que les fleuristes ne diront jamais
Est-ce que je peux acheter un bouquet chez Sentiers sauvages ?
Pas en boutique : Inès Blanc crée des décors floraux sur commande pour des mariages, cocktails ou spectacles. Chaque projet commence par un échange pour savoir ce qui est vraiment utile.
Pourquoi elle refuse les roses à la Saint-Valentin ?
Parce que les roses ne sont pas de saison en février. Elle propose plutôt des tulipes, des renoncules ou des anémones, tout aussi rouges et lumineuses, mais sans l'empreinte carbone des fleurs importées.
Ça vaut le coup de louer les contenants pour un mariage ?
Pour elle, oui : les contenants sont réutilisés de nombreuses fois, ce qui évite des achats inutiles. Elle travaille aussi avec Marion de Maison Créot pour donner une seconde vie à des pièces anciennes.
Elle ouvre son atelier quand, et qu'est-ce qu'on y trouve ?
En septembre 2026, au 15 place de la République au Monastère. Elle proposera des ateliers d'art floral et des abonnements avec un bouquet surprise chaque mois, avec un discours sur la saisonnalité et le réemploi.
Un mot en commentaire, c'est ce qui nous fait continuer
Laisser un commentaire
Journaliste scientifique passé par l’agroécologie et le bâti écologique, Kylian vit dans un corps de ferme du Puy-de-Dôme qu’il retape sans polluer. Il enquête, jardine et écrit sur la vie autonome au quotidien.
Un commentaire
Travailler avec le rythme des saisons, comme pour le bois, c’est du bon sens. Chapeau !