Vivre sans voiture en pleine campagne

Vivre sans voiture en pleine campagne, j’en rêvais, c’est maintenant chose faite. Pour beaucoup de personnes, de nos jours, pour être autonome il faut avoir son permis de conduire et la voiture qui va avec ! à plus forte raison si l’on vit en pleine campagne. Oui mais, sauf que…

J’y ai cru pendant longtemps, à cette histoire d’autonomie passant obligatoirement par le véhicule motorisé (c’est ce que l’on nous rabâche à longueur de temps dans les oreilles !), c’est d’ailleurs pour cela que je me suis tardivement décidée à passer le permis de conduire – je l’ai eu en juin 2001, j’avais alors 37 ans.

vivre sans voiture en pleine campagne

 

De ma famille, de l’éducation qu’elle m’a offerte, je n’ai jamais reçu la culture de la voiture. A la maison, nous n’avions pas de voiture, vivre sans voiture était pour nous naturel. Nous vivions en banlieue parisienne, nul besoin de s’encombrer d’un véhicule pareil alors que tous les transports en commun nous tendaient les bras ! Pour ce qui est des longs trajets tout du moins, pour le reste, nous utilisions tout simplement nos jambes, nous faisions de la marche à pied.

Au départ il y a une forme d’anti culture de la voiture

J’irai même jusqu’à dire que j’ai reçu une sorte d’anti culture de la voiture.

Pourquoi ? Parce que tout le long de mon enfance j’ai entendu des anecdotes concernant des personnes qui avaient une voiture devant chez elle. Ça faisait bien d’avoir une voiture devant son portail ou au bas de son immeuble. Super ! Génial ! Elles avaient leur propre voiture ! Cool !!! Ça en mettait plein la vue, ça en jetait, comme on dit couramment.

On était d’un seul coup dans le vent sans parler du fait que ça faisait riche. Nous y voilà, le mot est lâché, oui, ça faisait riche d’avoir sa propre voiture.

Oui mais, sauf que, elles n’avaient pas assez d’argent pour mettre de l’essence dedans et donc la voiture rouillait sur place (on ne les enlevaient pas encore pour les embarquer à la fourrière, à cette époque là). Ou – plus récemment – elles n’avaient pas de quoi payer l’assurance, etc. Donc l’effet riche – en monnaie sonnante et trébuchante – était une pure illusion ! nous étions déjà dans le paraître, dans l’apparence sans se préoccuper du fond.

Alors ces anecdotes remontent à l’époque de la jeunesse de ma mère, donc en gros dans les années 1940-1950. Il devait aussi y en avoir de l’époque de ma grand-mère ! donc la on remonte aux débuts des voitures pour le commun des mortels. Des anecdotes qui concernaient des voisins ou des connaissances, donc des faits bien réels.

Les priorités de chacun ne se placent pas toutes au même endroit

Et si je pousse le bouchon un peu plus loin, je peux tout à fait faire le parallèle avec aujourd’hui, avec notre époque actuelle. Oui, toutes ces personnes qui achètent, qui le dernier portable à la mode, qui le dernier jeu vidéo sur portable ou ailleurs, qui les dernières fringues à la mode, qui la dernière voiture qui vient de sortir, etc. mais qui bouffent des pâtes et des patates toute l’année faute de pouvoir acheter autre chose !…

Si t’as pas de voiture c’est que tu es pauvre. En version abrégée, oui, ça donne ça. Et combien pensent encore ainsi à notre époque, hmmm ?…

Travailler pour payer ta voiture, ton essence et ton assurance de voiture qui t’emmène à ton travail pour payer ta voiture, ton essence et ton assurance de voiture qui t’emmène à ton travail pour payer…

Personnellement, ma priorité est ma liberté de vivre comme bon me semble, peu importe ce qu’en pense une majorité de personnes.

Le poids du regard des autres sur nos décisions

« Ne fais pas ça, Odile ! Tu vas le regretter !! » me serine le voisinage. Vivre sans voiture en pleine campagne, non mais franchement, quelle idée ! tsss…

Regretter quoi, de vivre comme bon me semble ? C’est fou, cela me fait toujours sourire de constater à quel point les gens peuvent nous jeter à la figure leurs propres frayeurs personnelles, leurs angoisses intimes, comme si nous étions, comme si j’étais, leur double, leur sosie, leur autre eux-mêmes. C’est toujours sous le si beau prétexte de prévenir, d’anticiper le mal, le nocif qui pourrait malencontreusement nous atteindre, nous advenir, enfer et damnation. C’est pour ton bien ma fille que je te jette à la tête tout mon malaise. Sauf que ces mêmes personnes ont du mal à considérer qu’il puisse s’agir de moi et non d’elles, et que cela fasse toute la différence.

Vivre sans voiture en pleine campagne, impensable ! Tout simplement IMPOSSIBLE.

Cela me rappelle lorsque j’ai décidé de quitter la banlieue parisienne pour m’installer en Normandie, en pleine campagne donc. Ma famille, les miens, mes proches, faisaient des paris entre eux pour savoir au bout de combien de mois j’allais revenir. Quoi, vivre en pleine cambrousse, à cinq dans un abri de jardin de 20m2, en attendant de construire la maison, impensable ! les bonnes âmes… C’était en 1994.

Je n’ai jamais aimé conduire. Je l’ai fait parce qu’au début il me semblait que c’était indispensable pour vivre là où je vivais, et il est vrai que pour les enfants cela c’est révélé plus qu’utile, mais aujourd’hui, les enfants sont grands et moi je ne rêvais plus que d’une chose, me débarrasser de la voiture dès qu’elle montrerait des signes de fin de vie. Vivre sans voiture en pleine campagne, oui, c’est chose faite depuis le mois de décembre 2014. A l’époque, quand je l’ai sorti du garage pour que le gars de la casse puisse venir la prendre, j’attendais son rendez-vous avec impatience.

Mais alors, comment vivre sans voiture en pleine campagne ?


C’est tout simple, une bonne paire de chaussures de randonnée pour les balades champêtres. (elles n’ont pas l’air comme ça, mais elles ont déjà un certain nombre de kilomètres à leur actif, plus tous les trajets de chaque semaine que je fais depuis que je les ai, et depuis un voyage en direction du Mont Saint Michel)

Note : Depuis l’écriture de cet article bien des choses ont encore changées ! Je marche maintenant pieds nus ou plus exactement avec des chaussures dites minimalistes qui donnent cette impression de marcher pieds nus. 


Une bonne paire de chaussures de sport/marche ” aspect de ville ” pour les déplacements en grande ville avant de rejoindre le car qui fait la navette (à trois kilomètres de chez moi, la grande ville étant elle, à seize bornes), et le tour est joué ! Ah si, un détail non négligeable, savoir s’organiser, tout n’est qu’une question d’organisation, ou prendre les choses comme elles viennent, j’aime faire les deux.

Note : Idem ici pour ces chaussures, elles sont parties à la poubelle en octobre 2019, mon pied n’entrait plus dedans car depuis que je marche pieds nus mes pieds ont changés de pointure ! du 38 je suis passée au 40… Comme quoi, les chaussures ne nous font pas que du bien, et ce même si elles sont sans talons ! Sans parler du fait qu’il n’y a plus de transport qui fait la navette jusqu’à la grande ville, donc je m’organise autrement depuis plusieurs années. 


Et ! un chariot à roulettes pour une partie des courses – car pour une autre grande part de mon ravitaillement (traduire par ce qui ne pousse pas dans mon jardin), cela se passe par commande Internet et livraison par camion, sur palette parfois (en fonction des fournisseurs que je choisis), à mon domicile.

« Mais je ne comprends pas, maman, toi qui fais toujours tout pour être autonome, là, d’un seul coup, tu supprimes la voiture, tu ne veux pas la remplacer, c’est illogique ! » me disait l’un de mes fils lors de ma prise de décision. Sauf que, ce que lui et d’autres ont du mal à bien saisir, c’est que pour être autonome cela se passe d’abord et avant tout dans la tête, c’est déjà être autonome au plus profond de soi. Une fois cela fait, le reste suit d’office. Ce n’est pas un véhicule motorisé qui fait de nous des personnes autonomes (autonome peut d’ailleurs être remplacé par : libre). Tout comme dans un autre registre, ce n’était pas le fait de soudain pouvoir porter des pantalons qui ont rendu les femmes libres. Celles qui ne l’étaient pas en robe ou en jupes, ne l’étaient pas forcément plus en pantalon, cela a pu fonctionner pour certaines, pas toutes (personnellement je me sens plus libre dans des robes et jupes longues, d’ailleurs je ne porte plus que ça). Tout comme pour les conducteurs et conductrices de véhicules qui pensent qu’il faut en passer par là, que c’est une obligation, pour être autonome. Cela peut être un moyen d’autonomie, bien évidemment, mais ce n’est en aucun cas un passage obligé.

Odile

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