Vivre hors du système

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Vivre sans béquilles, ne pas se laisser atrophier

Vivre hors système cela sous entend beaucoup de choses, ici je vais parler de ce qui est devenu une norme, une mode même ! porter des lunettes.

Depuis l’âge de trois ans je porte des lunettes. Mon enfance a été jalonnée par les séances de rééducations pour les yeux, j’en ai plusieurs centaines à mon actif car étalées sur plusieurs années à raison d’une séance par semaine – ça, plus un bandeau sur un œil pour faire travailler l’autre jugé plus fainéant, à porter tous les jours pendant un temps bien précis, donc aussi à l’école -, puis par une opération des yeux, enfin d’un œil, histoire de remettre en place un léger strabisme convergent.

vivre avec ou sans lunettes

Mais au fait, qu’avais-je donc de si épouvantable pour avoir à subir tout cela, en dehors de ce léger strabisme ? Mon cas relevait de l’hypermétropie. Je voyais mieux de loin que de près. Ciel ! Et donc, l’entrée à l’école c’était avérée fatale. Cette entrée avait vite révélée ma fatigue oculaire. Ce qui finalement, si j’avais vécu en pleine campagne il y a ne serait-ce que deux siècles, serait passé complètement inaperçu comme prétendu problème, ma vision devenait là sujet d’étude et à remettre dans le droit chemin au plus vite. Car pour entrer dans le moule, pour voir les images sur les livres, détailler tout, observer tout à la loupe, puis au final, lire des caractères, des chiffres, forcément, là, j’étais coincée. Je n’entrais pas dans la norme, il fallait donc m’y mettre d’office, m’y faire entrer coûte que coûte, m’y soumettre, scalpel et autres séances de “tortures” à l’appui. Il fallait me rééduquer pour ensuite parachever l’oeuvre avec l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Non que je regrette quoi que ce soit de cet apprentissage, non, je me contente juste de faire un constat.

Je passe donc sur les détails pour en arriver à cette époque de mon jeune âge d’adulte, mes 24 ans. Age où j’ai brutalement décidé de retirer mes lunettes, de les porter uniquement pour lire ou écrire, car enfin, pour le reste, je n’en avais nul besoin, je voyais suffisamment pour vaquer à mes occupations, pour vivre comme bon me semblait. Mais, cesser de porter tout le temps mes lunettes avec les verres que j’avais, cela  sous entendait de montrer à tous combien mes yeux s’en trouvaient réduits, pour ne pas dire atrophiés. J’avais ainsi des remarques du style : « Tu dors Odile ?» . Et non je ne dormais pas. « T’as l’air éreinté. » Et oui, avec des lunettes en guise de béquilles, impossible de faire autrement. Mes yeux étaient devenu paresseux, tous les deux. Forcément ! tout était à réapprendre. Réapprendre à ouvrir les yeux. Parce qu’enfin, pourquoi se seraient-ils fatigués à rester ouverts alors que des verres grossissaient tout à volonté ! Puisque tout était étudié pour que ces mêmes yeux n’aient plus grand chose à faire  – « mais c’est pour votre bien ! » me serine ma petite voix intérieure, oui, oui, je sais, j’y pense tout le temps, à ces similitudes, au “bien pensant”… Donc au début, lorsque je retirais mes lunettes, je ressemblais à une éternelle endormie. Autant dire que ça faisait désordre. Combien de temps pour que mes yeux s’ouvrent à nouveau correctement ? Aucune idée, cela c’est fait petit à petit.

J’ai donc fonctionné ainsi pendant douze ans, et puis, est arrivée la période du permis de conduire, et là, pas moyen d’y échapper, il me fallait à nouveau porter des lunettes plus souvent et donc retourner chez un ophtalmo car mon ancienne monture était hors d’usage pour la conduite d’un véhicule, il m’en fallait une nouvelle. Là, surprise, choc du médecin, ma vue c’était améliorée ! par contre, mon hypermétropie c’était trouvée un compagnon de route, je devenais légèrement astigmate, ce qui en fait était très courant chez les hypermétropes, passé un certain âge. Je suivais donc la norme hypermétrope – mais pas la norme ambiante – et trouvais cela assez croustillant.

J’ai porté mes nouvelles lunettes (deux paires avec des verres différents) pendant quatorze ans, et puis, la semaine dernière, tilt ! Mais ma fille, tu n’as plus besoin de t’encombrer ainsi de tes lunettes ! puisque tu as supprimé ta voiture

Et mon fils de me dire depuis quatre jours : « Maman, tu dors ? »

Réapprendre à ouvrir les yeux, à vivre avec une vision autre.

Odile

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