Savoir rebondir en toute circonstance

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Savoir rebondir, tout un art de vivre, peu importe les aléas de la vie, à chacun d’apprendre à maintenir son cap.

savoir rebondir tel le kangourou

Le savoir rebondir, ce mode d’emploi de l’optimiste

J’ai terminé un tricot il y a deux jours, un pull à torsades pour un de mes petits fils (taille six ans), et après la satisfaction du travail achevé, venait le deuil du vide à combler. Il me fallait donc vite retrouver un nouvel ouvrage auquel m’atteler, sinon, je risquais fort de traîner là pendant longtemps, telle une âme en peine. Et en même temps, je n’ai jamais vraiment à chercher, cela vient tout seul, pour ne pas dire que j’ai toute une liste de choses à faire en attente.

Le deuil donc, un grand classique en son genre, qu’il soit pour un humain, un animal, un choc émotionnel, ou un travail, une lecture, etc…

pull à torsades

(Modèle pull raglan Drops Design)
En réfléchissant à ce processus, je me retrouvais soudain rejetée des années en arrière, à l’époque de mon adolescence, époque ou un petit copain en chassait un autre. Plus précisément encore, à chaque fois que je me faisais larguer, je devais quasi immédiatement trouver un remplaçant. C’était comme ça. Me morfondre sur mon sort m’a toujours été insupportable, donc, je devais au plus vite pallier ce malaise. Pour certains cela correspondrait à une consommation sans fin de garçons, puis d’ouvrages, mais aussi d’œuvres pour un artiste – très typique de la société de consommation dans laquelle nous vivons -, pour moi c’est une question d’équilibre interne, les lamentations permanentes j’ai en horreur. Cela ne veut pas dire que j’oublie ce qui a été, loin, très loin de là ! cela veut juste dire que je ne suis pas du genre mélancolique. La mélancolie et moi, ça fait deux.
Certains rebondissent – à ce niveau, si je devais me choisir un animal totem, ce serait le kangourou, car savoir rebondir est pour moi essentiel -, d’autres aiment à se lamenter en se roulant dans leur malheur – larvés dans leur malheur.

Chacun ses façons de faire et d’aimer le faire, en fonction de ce qu’il est, de ce qu’il a choisi d’être, en fonction de sa façon de se percevoir, de ses valeurs.

Enchaîner ainsi les travaux, les ouvrages, et les petits copains à un moment donné, c’est encore différent d’enchaîner la lecture de livres, car lorsque j’achève un livre, ou une série de livres, j’aime à rester longuement encore dans son ambiance, j’en suis imprégnée et j’aime m’y prélasser (si j’ai aimé le livre bien sûr, sinon, je vais vite enchaîner avec un autre pour m’extirper celui-ci de la bouche, un peu comme si j’avais croqué dans un fruit pourrit, vite, il me faut un bonbon, du miel, ou quelque chose d’autre pour conjurer cette abomination en bouche, bref, savoir rebondir !) avant d’entamer une nouvelle lecture. Et en même temps, je sais pertinemment quel goût peut avoir un fruit pourrit ! ce qui me donne une richesse supplémentaire intérieurement, au niveau de la palette des couleurs comme des saveurs. C’est ce qui fait que j’aime celle que je suis devenue, je n’oublie rien du chemin parcouru ni des mets plus ou moins succulents ingurgités.
Alors, pour en revenir à mes travaux, comme je n’ai pas l’intention de me plonger tout de suite dans un nouvel ouvrage de couture, de crochet ou de tricot, je retravaille sur mon ouvrage longue durée, car celui-ci existe ! Je l’avance entre deux, ou lorsque je n’ai rien d’autre de prévu : une couverture/plaid/dessus de lit, en crochet. Il est uniquement constitué de restants de laine de toutes sortes – et comme au cours de ma vie j’ai tricoté et crocheté des kilomètres et des kilomètres de coton et de laine !… il y a forcément des restants -, peu importe la grosseur de la laine, de la matière, tout est bon. Idem pour les points que j’utilise, c’est selon l’humeur du moment : impatiente un jour, tatillonne le lendemain, furieuse après moi le jour suivant. Et vas-y que je plante tout là pendant des semaines voir des mois ! pour le reprendre finalement et le trouver magnifique alors qu’il me sortait des yeux la dernière fois que je l’avais vu.

patchwork au crochet

carrés de patchwork au crochet

Bon, je fonctionne de la même manière pour écrire, un point par-ci, un point par-là, un paragraphe par-ci, un paragraphe par-là, d’où la lenteur du travail. Et je détourne mon attention vers telle autre activité, ou travaux de jardinage ou de bricolage, voir un nouveau projet comme une création de blog ou que sais-je d’autre encore, bref, je semble tout ce qu’il y a de dispersée tout en gardant mon fil conducteur. Une touche à tout. Et c’est de cette folle dispersion apparente et à la fois bien réelle que peut naître la pièce maîtresse, celle assemblée de tous ces morceaux éparts et si discordants au premier abord (à l’image de ce patchwork au crochet, c’est le travail d’une vie, un travail de longue haleine).

Mais pourquoi tout ceci dans un article ?

Parce qu’au cours de mon existence, je ne compte plus le nombre de personnes ayant tenté à maintes reprise de me convertir à leurs idées, à leur façon de pensée, la dernière en date étant le mode « mélancolique », la mélancolie étant le mode qualifié de seul fiable et fidèle, le reste ne valant pas une cacahuète.

Je ne suis pas une mélancolique, ce n’est pas ma manière d’être, et je n’ai pas à me plier en quatre pour devenir une mélancolique bon ton. Qu’on se le dise !

Savoir rebondir.

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