Nausée, mon amie

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Quand la nausée pointe le bout de son nez, que tout se met à tanguer au fond de moi, quand ma vision en devient trouble – voir glauque – sur tout ce que je peux regarder ou penser, pas besoin de chercher bien longtemps pour savoir que j’avale plus que de raison, telle une boulimique. Lorsque je parle d’avaler, c’est à prendre sous la forme de la matière lors d’un repas, mais plus encore, sous la forme des informations, des idées, des discussions, des remarques d’autrui.

nausée, tout tangue, devient flou

Nausée, comment la comprendre ?

Lorsque la nausée vient c’est que je retiens tout ce que j’ai ingéré au lieu de l’éliminer naturellement, or pour éliminer, il y a deux façons :

La première consiste à tout oublier – ou à éliminer par le corps lorsqu’il s’agit d’aliments physiques, donc sous la forme d’excréments -, ça rentre d’un côté et ça sort de l’autre, telle cette expression : ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre, car cela n’apporte rien au niveau nutritionnel, cela n’a aucun intérêt pour l’organisme, que ce soit au niveau mental ou physique, pour la personne concernée.

La deuxième consiste à redistribuer toutes les bonnes choses que j’ai reçu de cette nourriture – au niveau du sang, pour le corps, la régénération des cellules, etc. -, au niveau du mental cela peut être sous forme d’une création (livre, article, oeuvre), ou de paroles auprès de l’entourage proche, voir au-delà.

Donc si j’omets d’éliminer ou de redistribuer, eh bien la nausée vient aussitôt me rappeler à son bon souvenir.

Je ne sais pas si d’autres personnes ont déjà eu l’occasion de faire cette simple constatation, mais chez moi c’est radical. Ainsi, dès que j’entame le processus de redistribution – qui peut aussi être appelé don -, la nausée disparaît instantanément pour laisser place à un sentiment de bien-être, de plénitude. Je suis alors à nouveau bien, je suis à nouveau équilibrée.

Halte à la putréfaction ! la nausée veille au grain

Si je creuse un peu plus ce processus, je me dis que nombre de personnes dites d’un tempérament un tantinet bilieux sont sans doute dans ce cas, soit elles n’éliminent pas et absorbent tout et n’importe quoi, soit elles gardent tout et ne donnent jamais, ou trop peu, d’où la putréfaction au-dedans. Si je continue mes cogitations, je me dis également que nombre de personnes (âgées ou pas) dites aigris sont sans doute dans ce cas, faute d’oreilles attentives pour écouter ce qu’elles ont à donner, à offrir, au départ, et puis à force de tout garder au-dedans, eh bien la putréfaction vient avec cette nausée quasi permanente qui met de fort mauvaise humeur. Enfin, je note également que le même processus se produit lorsque la faim se fait sentir, la nausée pointe alors aussi le bout de son nez, parfois, la nausée, cet éternel signal d’alarme d’un déséquilibre se faisant jour en nous.

Conclusion, si la nausée vient nous visiter, c’est que nous avons à trouver le bon équilibre entre ce qui est bon pour nous, ce qui doit être rejeté, ce qui doit être donné, nous devons trouver le bon dosage, celui qui nous convient pour retrouver notre bien-être, retrouver une bonne circulation de tous ces flux d’énergie qui nous traversent, la stagnation, le blocage d’énergie (tout aliment – sous forme de matière ou d’information – est une source d’énergie) étant source de pourrissement, de décomposition.

Halte au pourrissement de nos vies ! Merci dame nausée.

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